Les restes de table pour le chien
Ce qui est toxique, ce qui déséquilibre, et pourquoi le problème n’est pas la quantité mais le fait que personne ne compte.
Par Camille Rousseau · · 6 min de lecture

Photographie éditoriale multi-races Babinou choisie pour l’article « Les restes de table pour le chien ».
L’essentiel
- Plusieurs aliments courants sont toxiques pour le chien, dont le chocolat, le raisin, l’oignon, l’ail et certains édulcorants.
- Le sel, le gras et les sauces posent problème avant même la question de la toxicité.
- Les os cuits ne se donnent jamais : ils se fragmentent en éclats coupants.
- Le vrai problème des restes est comptable : ils s’ajoutent à une ration déjà complète, et personne ne les compte.
- Donner à table apprend la mendicité, ce qui est plus difficile à défaire qu’à ne pas installer.
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La question se pose dans toutes les maisons, et elle mélange trois problèmes distincts : ce qui est dangereux, ce qui déséquilibre, et ce que l’on installe comme habitude. Les traiter ensemble donne des réponses molles ; les séparer donne des réponses simples.
Ce qui est toxique

À ne jamais donner, en aucune quantité
Cette liste n’est pas exhaustive et elle évolue. Le réflexe utile n’est pas de la mémoriser mais d’avoir un numéro à appeler et de vérifier avant de donner quelque chose d’inhabituel.
Ce qui n’est pas toxique mais pose problème
| Aliment | Pourquoi l’éviter |
|---|---|
| Os cuits, de toute taille | Se fragmentent en éclats coupants |
| Charcuterie, fromages, plats en sauce | Sel et gras en excès |
| Fritures, restes gras | Troubles digestifs, risque pancréatique |
| Plats épicés ou très assaisonnés | Irritation digestive |
| Pain, pâtes, riz en quantité | Calories vides qui déséquilibrent la ration |
| Lait et produits laitiers | Mal digérés par beaucoup de chiens adultes |
Le risque le plus sous-estimé
Le vrai problème : personne ne compte
Un aliment complet couvre les besoins. Tout ce qui s’ajoute par-dessus s’ajoute vraiment, et le calcul se fait rarement. C’est la première cause de prise de poids dans les foyers où l’on est convaincu de ne pas trop donner.
- Un morceau de fromage pour un chien de dix kilos représente beaucoup plus que ce qu’on imagine.
- Chaque personne du foyer croit être la seule à donner.
- Les restes ne sont jamais retirés de la ration servie le soir.
- Ce qui vient de la table est en général plus riche que l’aliment habituel.
- Un chien qui reçoit des restes régulièrement finit par bouder sa gamelle, ce qui inquiète et conduit à donner encore plus.
La conversation à avoir
Ce qui peut se donner, avec méthode
Il ne s’agit pas de tout interdire. Certains aliments simples conviennent en petite quantité, à condition d’être comptés et donnés en dehors du repas humain.
- 1Choisissez des aliments simples, non assaisonnés, non gras : morceaux de viande maigre cuite sans sel, certains légumes cuits.
- 2Vérifiez auprès du vétérinaire ce qui convient à votre chien, en particulier s’il a une affection ou un aliment prescrit.
- 3Donnez-les dans sa gamelle, jamais depuis la table.
- 4Retirez l’équivalent de sa ration du jour.
- 5Introduisez un aliment nouveau seul, pour savoir s’il le tolère.
- 6Restez sur des quantités marginales par rapport à la ration.
Ce que Babinou ne fait pas
Du premier repère à la décision
- Ce qui est toxique
- Ce qui n’est pas toxique mais pose problème
- Le vrai problème : personne ne compte
- Ce qui peut se donner, avec méthode
La mendicité, une fois installée
Un chien qui reçoit quelque chose depuis la table, même rarement, apprend que rester là paie parfois. C’est le schéma d’apprentissage le plus solide qui existe, et c’est pourquoi il résiste si bien.
- Décidez d’un endroit où le chien va pendant les repas, et travaillez-le en dehors des repas.
- Donnez-lui une occupation qui dure : jouet à remplir, tapis de fouille, prélevés sur sa ration.
- Attendez-vous à une aggravation pendant quelques jours après l’arrêt : c’est le signe que le comportement s’éteint.
- Ne cédez pas une seule fois pendant cette période, sinon tout est à refaire.
- Prévenez les invités, qui sont la principale faille.
Sources
3 références utilisées : recommandations de sociétés vétérinaires, consensus et études originales. Le texte distingue une association observée d’un lien de cause à effet démontré.
Propriétaire de deux chiens, rédactrice du quotidien et de l’alimentation
Je vis avec un braque hyperactif et une petite croisée de refuge qui ne s’entendent que sur l’heure des repas. C’est en essayant de comprendre pourquoi l’une reprenait du poids et l’autre en perdait que j’ai commencé à noter les gamelles, puis les balades, puis à peu près tout.

