Les gestes à ne jamais faire en urgence
Une liste courte de réflexes courants qui aggravent la situation, et ce qu’il faut faire à la place pendant les minutes qui précèdent la clinique.
Par Nadia Belkacem · · 6 min de lecture

Photographie éditoriale multi-races Babinou choisie pour l’article « Les gestes à ne jamais faire en urgence ».
L’essentiel
- Aucun médicament humain ne se donne à un chien. Plusieurs sont toxiques, et certains le sont à très faible quantité.
- On ne fait jamais vomir de sa propre initiative : c’est dangereux après un produit caustique ou un objet pointu.
- On ne pose pas de garrot, on ne retire pas un objet planté, on ne referme pas une plaie.
- On ne donne ni à boire ni à manger à un chien qui va mal, tant que le vétérinaire ne l’a pas dit.
- Le geste le plus utile reste le même dans la plupart des cas : appeler la clinique et partir en gardant le chien au calme.
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Dans une urgence, on veut faire quelque chose. C’est humain, et c’est précisément là que naissent les gestes qui aggravent. Cette page ne liste pas de protocole de secours : elle liste ce qu’il ne faut pas faire, parce que ne rien faire de nuisible vaut mieux que d’agir au hasard.
Les médicaments

Rien de l’armoire à pharmacie
Les gestes qui aggravent
| Ce qu’on est tenté de faire | Ce que cela produit |
|---|---|
| Faire vomir | Dangereux après un caustique ou un objet pointu, inutile après plusieurs heures |
| Poser un garrot | Coupe la circulation du membre, lésions parfois irréversibles |
| Retirer un objet planté | Il obture souvent la plaie qu’il a creusée |
| Soulever la compresse pour regarder | Le caillot part avec le tissu |
| Verser alcool ou eau oxygénée | Brûle des tissus déjà lésés, sans stériliser |
| Appuyer sur un ventre gonflé | Risque de rupture |
| Donner à boire à un chien qui vomit | Entretient le vomissement, aggrave la déshydratation |
| Refroidir avec de l’eau glacée | Provoque une vasoconstriction, ralentit le refroidissement réel |
Le cas du coup de chaleur
Les gestes qui vous mettent en danger
- Mettre les mains entre deux chiens qui se battent : on utilise un objet, un jet d’eau, une couverture.
- Approcher le visage d’un chien blessé : un chien qui a mal mord par réflexe, y compris le sien.
- Manipuler un chien accidenté sans le contenir : on le porte à deux, sur un support rigide.
- Conduire seul et affolé : on fait conduire quelqu’un d’autre quand c’est possible.
- S’approcher d’un chien électrocuté avant d’avoir coupé le courant.
Museler quand c’est nécessaire, jamais dans certains cas
Les erreurs de temps
- 1Chercher en ligne au lieu d’appeler : le tri se fait au téléphone avec la clinique, en trente secondes.
- 2Attendre le lendemain « pour voir » face à un ventre gonflé, un chien qui ne peut plus uriner, une difficulté respiratoire ou une intoxication.
- 3Partir sans prévenir : un appel permet à l’équipe de préparer et de vous dire où vous présenter.
- 4Perdre du temps à laver le chien après un contact avec un produit, sauf indication contraire donnée au téléphone.
- 5Vouloir emporter tout le dossier papier au lieu de partir tout de suite.
Ce que Babinou ne fait pas
Du premier repère à la décision
Ce qui aide vraiment
- Appeler la clinique ou la garde, et décrire ce que vous voyez sans interpréter.
- Noter l’heure du début des signes : c’est la première question posée.
- Emporter l’emballage du produit ou de la plante en cause, ou une photo.
- Garder le chien au calme, au chaud, dans le noir s’il a été assommé ou s’il convulse.
- Comprimer ce qui saigne, sans regarder toutes les dix secondes.
- Laisser conduire quelqu’un d’autre.
Ce qui se prépare quand tout va bien
Les mots employés ici
Leur définition, en deux lignes, sans interprétation.
Sources
3 références utilisées : recommandations de sociétés vétérinaires, consensus et études originales. Le texte distingue une association observée d’un lien de cause à effet démontré.
Propriétaire d’un chien suivi pour une maladie chronique, rédactrice santé et examens
Pendant quatre ans, j’ai accompagné une chienne atteinte d’insuffisance rénale chronique. J’ai appris à recopier un compte rendu ligne à ligne, à faire une bandelette urinaire à la maison et à préparer mes questions avant la consultation, parce que je repartais sinon avec la moitié des réponses.


