Le chien et les enfants
Ce qu’il faut apprendre à l’enfant plus qu’au chien, la période la plus délicate, et les signaux que les adultes doivent savoir lire.
Par Camille Rousseau · · 6 min de lecture

Le bien-être se lit dans l’équilibre de journées ordinaires, pas dans une performance isolée. — Le chien et les enfants Illustration originale Babinou.
L’essentiel
- Un chien et un jeune enfant ne restent jamais seuls ensemble, quel que soit le chien et quel que soit son passé.
- L’essentiel de l’apprentissage porte sur l’enfant : ce qu’on ne fait pas à un chien s’enseigne tôt et se répète.
- La période la plus délicate n’est pas le nourrisson mais l’enfant qui se déplace, attrape et arrive par-derrière.
- Un chien qui s’éloigne demande de l’espace. On lui laisse toujours une issue et un refuge où l’enfant n’entre pas.
- On ne punit jamais un grognement : c’est l’avertissement qu’on supprime, pas la gêne.
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Les enfants et les chiens font très bien ménage, à une condition qui surprend souvent : le travail porte davantage sur les enfants que sur le chien. Les situations qui tournent mal ne viennent presque jamais d’un chien méchant, mais d’un chien mal à l’aise dont les signaux n’ont pas été lus.
Ce qu’on apprend à l’enfant

Ces règles s’enseignent dès que l’enfant comprend, se répètent souvent, et s’appliquent aussi aux chiens qu’on croise dehors.
- On ne dérange pas un chien qui dort, qui mange, ou qui ronge quelque chose.
- On ne grimpe pas sur lui, on ne tire ni les oreilles ni la queue, on ne le serre pas dans les bras.
- On ne met pas son visage contre le sien.
- On ne le poursuit pas, on ne le coince pas dans un coin.
- Quand le chien quitte la pièce, on le laisse partir sans le suivre ni l’appeler.
- On demande toujours à l’adulte avant de caresser un chien inconnu, et on tend la main sans se pencher au-dessus de lui.
Le câlin, mal compris
L’âge où la vigilance baisse
Les foyers se détendent une fois passés les premiers mois, et c’est exactement l’inverse de ce qu’il faudrait. Un enfant qui rampe, puis qui marche, se déplace vite, attrape, crie, et surgit dans le dos d’un chien assoupi. Le nourrisson immobile était la partie facile.
- 1Installez des barrières qui permettent de séparer facilement, sans que cela soit un drame pour le chien.
- 2Donnez au chien un espace où l’enfant n’entre jamais, et faites-le respecter par tous.
- 3Séparez systématiquement pendant les repas du chien et quand il a un objet à mâcher.
- 4Supervisez activement : être dans la même pièce en regardant un écran n’est pas une supervision.
- 5Apprenez à l’enfant à appeler le chien plutôt qu’à aller le chercher.
- 6Reprenez les règles à chaque fois, calmement : un enfant oublie, c’est normal.
Ce que l’adulte doit savoir repérer
Un chien exprime son malaise bien avant de réagir, par des signaux discrets que l’on prend souvent pour rien. Trois suffisent à décider : une tête qui se détourne, un bâillement hors contexte, un corps qui se fige. Chacun veut dire la même chose, et appelle la même réponse : on écarte l’enfant, tout de suite, sans dramatiser.
Ces signaux se lisent en une seconde une fois qu’on les connaît. Ils font l’objet d’un développement détaillé dans la page consacrée à l’arrivée d’un bébé, qui les reprend un par un avec ce que le chien cherche à dire.
Un grognement se respecte, il ne se corrige pas
Faire participer l’enfant, du bon côté
Un enfant qui a un rôle valorisant auprès du chien apprend plus vite qu’un enfant à qui l’on répète des interdits.
- Préparer la gamelle avec un adulte, et la poser avant de s’éloigner.
- Lancer un jouet plutôt que de jouer avec les mains.
- Cacher des friandises pour un jeu de recherche, ce qui occupe les deux.
- Participer aux séances d’éducation, avec des exercices simples et sous supervision.
- Tenir la laisse en double, avec un adulte qui la tient aussi.
- Brosser le chien quelques secondes, s’il aime cela, en s’arrêtant avant qu’il se lasse.
Ce que Babinou ne fait pas
Le parcours proposé dans ce guide
- Ce qu’on apprend à l’enfant
- L’âge où la vigilance baisse
- Ce que l’adulte doit savoir repérer
- Faire participer l’enfant, du bon côté
Quand se faire accompagner
Sans attendre un incident
Sources
3 références utilisées : recommandations de sociétés vétérinaires, consensus et études originales. Le texte distingue une association observée d’un lien de cause à effet démontré.
Propriétaire de deux chiens, rédactrice du quotidien et de l’alimentation
Je vis avec un braque hyperactif et une petite croisée de refuge qui ne s’entendent que sur l’heure des repas. C’est en essayant de comprendre pourquoi l’une reprenait du poids et l’autre en perdait que j’ai commencé à noter les gamelles, puis les balades, puis à peu près tout.


