La leishmaniose canine
Transmise par un moucheron, présente dans le sud, sans guérison définitive mais gérable. Ce qui protège vraiment, et quand y penser.
Par Thomas Vidal · · 5 min de lecture

Photographie éditoriale multi-races Babinou choisie pour l’article « La leishmaniose canine ».
L’essentiel
- Elle se transmet par la piqûre d’un phlébotome, un moucheron actif du printemps à l’automne, surtout au crépuscule.
- La maladie est présente dans le pourtour méditerranéen. Un séjour de quelques jours suffit à exposer un chien.
- La prévention repose sur des antiparasitaires spécifiques qui repoussent l’insecte, et sur la limitation des sorties au crépuscule.
- Les signes sont variés et lents : lésions de la peau, amaigrissement, griffes qui poussent trop, fatigue.
- On ne guérit généralement pas définitivement, mais beaucoup de chiens vivent longtemps avec un traitement et un suivi.
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C’est l’une des rares maladies où le lieu de vacances change réellement le risque. Un chien du nord de la France qui passe une semaine dans le sud en été peut être exposé, et le sujet mérite d’être abordé avant le départ plutôt qu’au retour.
Comment elle se transmet

Le parasite est transmis par la piqûre d’un phlébotome, un petit moucheron beaucoup plus discret qu’un moustique. Il est actif de la fin du printemps au début de l’automne, principalement du coucher au lever du soleil, et il vole peu loin du sol.
- Il n’y a pas de transmission directe d’un chien à l’autre par contact.
- La zone concernée en France est le pourtour méditerranéen, et elle s’étend progressivement vers le nord.
- Un chien peut être infecté sans montrer de signes pendant des mois, parfois des années.
- La maladie existe aussi chez l’humain, dans les mêmes zones, mais le chien n’est pas contagieux par contact.
- Un chien qui a voyagé dans une zone à risque reste concerné longtemps après le retour.
Le voyage compte autant que le domicile
Ce qui protège
- 1Un antiparasitaire à effet répulsif contre les phlébotomes, prescrit par le vétérinaire, mis en place avant le séjour.
- 2La rentrée du chien à l’intérieur du crépuscule à l’aube pendant la saison d’activité.
- 3Des moustiquaires à mailles fines aux ouvertures, adaptées à la taille de l’insecte.
- 4L’évitement des couchages extérieurs et des zones humides à la tombée du jour.
- 5Une discussion avec le vétérinaire sur la vaccination existante, selon le chien et l’exposition.
- 6Un dépistage au retour ou lors du bilan annuel, si l’exposition a été importante.
Les antiparasitaires ne se valent pas ici
Quand y penser
Les signes sont nombreux, peu spécifiques et d’installation lente, ce qui explique les diagnostics tardifs. Aucun ne suffit à conclure, et c’est leur association chez un chien qui a séjourné en zone à risque qui doit faire évoquer la piste.
| Ce qu’on peut observer | Nature du signe |
|---|---|
| Amaigrissement progressif malgré l’appétit | Général |
| Fatigue, baisse d’activité | Général |
| Perte de poils autour des yeux, pellicules | Cutané |
| Ulcérations qui ne cicatrisent pas | Cutané |
| Griffes anormalement longues et cassantes | Assez évocateur |
| Saignements de nez, ganglions augmentés | À signaler rapidement |
| Boisson et urines augmentées | Atteinte possible du rein : consultation |
Ce que Babinou ne fait pas
Vivre avec la maladie
Un diagnostic n’est pas une condamnation. Beaucoup de chiens traités et suivis vivent longtemps et confortablement. En revanche, la prise en charge est un engagement dans la durée, et cela se sait dès le départ.
- Le traitement est long, parfois à vie, avec des phases et des ajustements.
- Des contrôles réguliers, souvent sanguins et urinaires, suivent l’évolution et la fonction rénale.
- Des rechutes sont possibles, y compris après une longue période stable.
- La protection contre les piqûres reste nécessaire, pour le chien et pour limiter la diffusion.
- L’alimentation peut faire partie de la prise en charge, sur prescription.
- Le suivi du poids et de l’état général à la maison complète utilement les contrôles.
Sources
3 références utilisées : recommandations de sociétés vétérinaires, consensus et études originales. Le texte distingue une association observée d’un lien de cause à effet démontré.
- ESCCAP — Control of vector-borne diseases in dogs and cats (nouvel onglet)
- Solano-Gallego et al., 2011 — LeishVet guidelines for the practical management of canine leishmaniosis (Parasites & Vectors) (nouvel onglet)
- Baneth et al., 2008 — Canine leishmaniosis: an emerging zoonosis (PubMed) (nouvel onglet)
Pratiquant de canicross, rédacteur des soins, de la prévention et de l’activité
Je cours avec ma chienne depuis six ans, d’abord mal, puis en apprenant à regarder la récupération plutôt que le chronomètre. C’est le sport qui m’a rendu attentif aux coussinets, aux tiques, aux coups de chaleur et à tout ce qui se voit le lendemain plutôt que sur le moment.


