Les tiques : prévention et surveillance
Comment retirer une tique correctement, quoi noter après, combien de temps surveiller, et pourquoi la date du retrait compte autant que le geste.
Par Thomas Vidal · · 6 min de lecture

Photographie éditoriale multi-races Babinou choisie pour l’article « Les tiques : prévention et surveillance ».
L’essentiel
- Une tique se retire avec un crochet, par rotation, sans produit préalable : ni éther, ni alcool, ni huile, ni flamme.
- La date et l’endroit du corps se notent au moment du retrait — c’est l’information qu’on cherchera si des signes apparaissent des semaines plus tard.
- Le délai de fixation compte : plus une tique reste accrochée longtemps, plus le risque de transmission augmente. Le retrait rapide est la vraie prévention.
- La surveillance porte sur plusieurs semaines : fièvre, abattement, boiterie changeante, urines foncées, perte d’appétit.
- Les antiparasitaires ne suppriment pas l’inspection quotidienne en saison : ils réduisent le risque, ils ne l’annulent pas.
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La tique n’est pas dangereuse par sa piqûre mais par ce qu’elle peut transmettre, et ce transfert prend du temps. C’est ce qui rend l’inspection quotidienne plus efficace que n’importe quel produit : une tique trouvée le soir même et retirée correctement a rarement eu le temps de transmettre quoi que ce soit.
Retirer une tique, correctement

Le geste est simple et se rate de deux façons : en écrasant la tique, ce qui fait refluer son contenu, et en l’endormant avec un produit, ce qui provoque exactement la même chose.
- 1Prenez un crochet à tiques, à la bonne taille. Une pince à épiler écrase, une pince à tiques ordinaire aussi.
- 2Glissez le crochet à la base, contre la peau, sans tirer.
- 3Tournez, deux ou trois tours, dans le sens que vous voulez : c’est la rotation qui décroche, pas la traction.
- 4Vérifiez que la tête est venue. Un point noir restant se surveille ; il ne se creuse pas à l’aiguille.
- 5Désinfectez la zone, lavez-vous les mains.
- 6Notez la date et l’endroit du corps.
Ce qui ne se fait pas
Pourquoi la date du retrait compte
Les maladies transmises par les tiques n’apparaissent pas le lendemain. Selon l’agent en cause, les premiers signes surviennent une à plusieurs semaines après la piqûre — parfois davantage. À ce moment-là, plus personne ne se souvient d’avoir retiré une tique, et le lien ne se fait pas.
Une note de deux mots — la date, la zone du corps — transforme une consultation où l’on cherche parmi cent hypothèses en une consultation où l’on en explore trois. C’est le meilleur rapport effort / utilité de toute la prévention canine.
Ce que Babinou ne fait pas
Ce qu’on surveille, et pendant combien de temps
La surveillance ne dure pas quarante-huit heures. Elle porte sur plusieurs semaines, et sur des signes qui n’évoquent pas spontanément une tique.
- Une fièvre, ou simplement un chien qui reste couché et refuse la balade.
- Une boiterie qui change de patte d’un jour à l’autre — c’est un signe classique et déroutant.
- Une perte d’appétit ou un amaigrissement sans explication.
- Des urines foncées, couleur thé ou coca.
- Des muqueuses pâles, ou des saignements de nez.
- Des ganglions gonflés, sous la mâchoire ou derrière les genoux.
Ces signes ne se surveillent pas
L’inspection quotidienne, en une minute
En saison, l’inspection se fait au retour de balade, avec les doigts plus qu’avec les yeux. Les tiques se fixent de préférence là où la peau est fine et le poil rare.
| Où chercher en priorité | Pourquoi |
|---|---|
| Tête, contour des yeux, babines | Zone de contact direct avec la végétation |
| Oreilles, intérieur et pourtour | Peau fine, difficile à voir |
| Cou et poitrail | Zone frottée dans les hautes herbes |
| Aisselles et aines | Peau fine, poil rare, chaleur |
| Entre les doigts, sous les coussinets | Contact permanent avec le sol |
| Base de la queue et périnée | Souvent oubliée à l’inspection |
Du premier repère à la décision
- Retirer une tique, correctement
- Pourquoi la date du retrait compte
- Ce qu’on surveille, et pendant combien de temps
- L’inspection quotidienne, en une minute
Les antiparasitaires : ce qu’ils font et ce qu’ils ne font pas
Un antiparasitaire bien choisi réduit fortement le risque, mais aucun ne l’annule. Selon les produits, la tique doit piquer pour être tuée, ce qui laisse une fenêtre — d’où l’intérêt de l’inspection en complément, pas en remplacement.
- Le choix dépend de la région, de la saison, du mode de vie, de l’âge et du poids du chien, et des autres animaux du foyer.
- La date d’administration se note : c’est la première question posée quand une tique est trouvée.
- Un bain, une baignade ou un toilettage peuvent réduire l’efficacité de certaines présentations.
- Un produit destiné au chat ou à un chien d’un autre gabarit ne se transpose pas : plusieurs sont dangereux hors de leur usage.
Le calendrier n’est pas universel non plus. Dans une bonne partie de la France, les tiques sont actives bien au-delà de l’été, et un traitement arrêté en septembre laisse une période découverte.
Les mots employés ici
Leur définition, en deux lignes, sans interprétation.
Sources
3 références utilisées : recommandations de sociétés vétérinaires, consensus et études originales. Le texte distingue une association observée d’un lien de cause à effet démontré.
- ESCCAP — Contrôle des ectoparasites chez le chien et le chat (nouvel onglet)
- Little et al., 2021 — Companion Animal Parasite Council: ticks and tick-borne diseases (PubMed) (nouvel onglet)
- Eddlestone et al., 2010 — Doxycycline clearance of experimentally induced Ehrlichia canis infection (PubMed) (nouvel onglet)
Pratiquant de canicross, rédacteur des soins, de la prévention et de l’activité
Je cours avec ma chienne depuis six ans, d’abord mal, puis en apprenant à regarder la récupération plutôt que le chronomètre. C’est le sport qui m’a rendu attentif aux coussinets, aux tiques, aux coups de chaleur et à tout ce qui se voit le lendemain plutôt que sur le moment.


