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Babinou

Punir son chien : ce que cela produit réellement

La punition supprime parfois un comportement sans rien apprendre à la place, et produit des effets qu’on ne cherchait pas. Ce que montre la pratique.

Par Pierre Marsanne · · 3 min de lecture

L’essentiel

  • Une punition ne dit pas au chien ce qu’il fallait faire : elle supprime au mieux un comportement, sans le remplacer.
  • Un chien n’associe une conséquence qu’à ce qui vient de se produire : punir en rentrant n’a aucun rapport avec l’acte du matin.
  • L’air coupable est une réponse à notre attitude, pas un aveu : cela a été montré expérimentalement.
  • Les méthodes aversives sont associées à davantage de comportements de peur et d’agression dans la littérature vétérinaire comportementale.

C’est le sujet le plus chargé de l’éducation canine, et celui où l’écart entre l’intuition et ce que l’on observe est le plus grand.

Ce que la punition n’apprend pas

Interrompre un comportement ne fournit aucune information sur ce qu’il fallait faire à la place. Un chien puni pour avoir sauté ne sait toujours pas quoi faire quand quelqu’un arrive : il sait seulement que quelque chose de désagréable peut se produire.

Le décalage temporel

Rentrer et gronder ne sert à rien

Un chien relie une conséquence à ce qui vient de se passer, dans un intervalle très court. Une réprimande au retour se rattache à votre arrivée, pas à la destruction du matin. Beaucoup de chiens apprennent ainsi à redouter les retours.

L’air coupable

L’attitude basse, les oreilles en arrière et le regard fuyant sont une réponse à notre posture et à notre ton. Une expérience devenue classique a montré que les chiens présentent cette attitude quand leur propriétaire les gronde, qu’ils aient ou non commis quoi que ce soit.

Ce qui marche mieux

  • Empêcher le comportement d’arriver : ranger, fermer, occuper.
  • Apprendre une conduite incompatible : un chien couché à sa place ne saute pas sur les visiteurs.
  • Récompenser ce qu’on veut voir, y compris quand il se produit tout seul.
  • Interrompre calmement, sans effrayer, puis rediriger.

Les colliers aversifs

Colliers électriques, étrangleurs, à pointes : les recommandations vétérinaires comportementales déconseillent ces outils, associés à davantage de peur et d’agression. Plusieurs pays européens en ont restreint l’usage.

Ce texte ne remplace pas une consultation

Babinou n’est pas un outil de diagnostic. Cet article décrit ce qui s’observe à la maison et explique du vocabulaire. Tout ce qui relève du diagnostic, du traitement et de la dose revient au vétérinaire qui connaît votre chien.

Pierre Marsanne

Auteur et concepteur de Babinou

Pierre Marsanne a conçu et développé Babinou après avoir tenu pendant deux ans, sur des carnets et des tableurs, le dossier de santé d’un chien suivi pour une maladie rénale chronique.

Questions fréquentes

Faut-il ne jamais dire non ?
Un « non » calme qui interrompt, suivi d’une redirection vers ce qu’on attend, n’a rien à voir avec une punition qui effraie. C’est l’intensité et l’absence d’alternative qui posent problème.
Mon chien ne comprend que la fermeté
La fermeté au sens de la constance et de la clarté aide beaucoup. Au sens de la brutalité, elle produit surtout un chien qui anticipe le danger.
Et pour un comportement dangereux immédiat ?
On interrompt et on sécurise, évidemment. Le travail de fond, lui, se fait ensuite au calme, et souvent avec un professionnel.

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