La poussée dentaire du chiot
Ce que traverse un chiot qui change de dents, comment soulager sans se faire mordre les mains, et les situations qui demandent une consultation.
Par Julien Bassot · · 6 min de lecture

Photographie éditoriale multi-races Babinou choisie pour l’article « La poussée dentaire du chiot ».
L’essentiel
- Le chiot perd ses dents de lait et les avale le plus souvent. Ne pas en retrouver n’a rien d’inquiétant.
- Le mordillement augmente pendant cette période. Il se redirige vers des objets adaptés, il ne se punit pas.
- Une dent de lait encore en place à côté de la dent définitive doit être montrée au vétérinaire.
- Les objets très durs peuvent casser une dent. Un jouet qui ne se marque pas à l’ongle est trop dur.
- Une gêne modérée est attendue. Un chiot abattu, qui ne mange plus ou qui saigne durablement ne relève pas de la poussée dentaire.
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Le changement de dents occupe plusieurs mois de la première année, et il tombe au moment où le chiot apprend tout le reste. C’est une période courte et bruyante, où l’on croit souvent à un problème de comportement alors qu’il s’agit d’une bouche qui travaille.
Ce qui se passe dans la bouche

Le chiot naît sans dents, développe une dentition de lait, puis la remplace par une dentition définitive plus nombreuse. Les dents de lait tombent au fur et à mesure que les définitives poussent, et le chiot les avale le plus souvent en mangeant. C’est sans conséquence.
- Les gencives sont sensibles, parfois légèrement gonflées ou rouges par endroits.
- Un peu de sang sur un jouet ou dans la gamelle d’eau est courant à ce moment-là.
- Le chiot mâche davantage, et il cherche des surfaces qui résistent un peu.
- Certains chiots baissent un peu l’appétit ou mangent plus lentement pendant quelques jours.
- L’haleine peut changer temporairement.
Les âges varient beaucoup
Le mordillement, et quoi en faire
C’est le motif de consultation déguisé le plus fréquent de cette période. Le chiot mordille les mains, les manches, les meubles, et l’intensité augmente le soir quand il est fatigué. Ce n’est pas de l’agressivité, et cela ne se corrige pas en serrant le museau ni en criant.
- 1Quand les dents touchent la peau, le jeu s’arrête net. On se lève, on cesse toute interaction quelques secondes.
- 2On propose immédiatement un objet à mordre à la place, et on félicite dès qu’il s’en saisit.
- 3On garde plusieurs de ces objets à portée, dans chaque pièce où le chiot vit.
- 4On anticipe les moments de fatigue : c’est là que le mordillement est le plus fort, et un temps de repos vaut mieux qu’une correction.
- 5On demande la même chose à tout le monde, invités compris. Une seule personne qui joue avec les mains suffit à entretenir l’habitude.
Ce qui ne doit pas être fait
Ce qu’on peut donner à mâcher
| À privilégier | À éviter |
|---|---|
| Jouets en caoutchouc souple prévus pour chiots | Os durs, bois de cerf, sabots, noyaux |
| Jouets à remplir et à congeler | Cailloux, morceaux de bois ramassés |
| Tissus à mâcher robustes, sous surveillance | Balles de tennis, abrasives pour l’émail |
| Lamelles adaptées à l’âge, comptées dans la ration | Objets plus petits que la gueule du chiot |
Le repère le plus simple tient en un geste : si vous ne pouvez pas marquer l’objet avec l’ongle du pouce ni le plier légèrement, il est trop dur pour une dent. Les fractures dentaires sur objets trop durs sont fréquentes, douloureuses et coûteuses à traiter.
Le froid soulage
Ce qui justifie une consultation
À montrer sans attendre
Ce que Babinou ne fait pas
Le parcours proposé dans ce guide
- Ce qui se passe dans la bouche
- Le mordillement, et quoi en faire
- Ce qu’on peut donner à mâcher
- Ce qui justifie une consultation
Préparer la suite
Cette période est le meilleur moment pour habituer le chiot à ce qu’on lui touche la bouche. Quelques secondes par jour, une lèvre soulevée, une friandise, et on arrête. C’est ce qui rendra possible le brossage des dents plus tard, et surtout l’examen d’une bouche douloureuse le jour où il faudra le faire.
Sources
3 références utilisées : recommandations de sociétés vétérinaires, consensus et études originales. Le texte distingue une association observée d’un lien de cause à effet démontré.
Propriétaire d’un chien adopté, rédacteur du comportement et de l’éducation
J’ai adopté un chien de six ans dont personne ne connaissait le passé. Les trois premiers mois ont été une succession d’essais ratés, et la seule chose qui m’a permis d’avancer a été de noter ce qui se passait avant, pendant et après chaque épisode difficile.

