Les friandises : combien, lesquelles, et à quel prix
Une friandise se choisit par sa valeur pour ce chien-là, pas par son goût annoncé. La hiérarchie à établir, et ce qui ne se donne jamais.
Par Camille Rousseau · · 7 min de lecture

Photographie éditoriale multi-races Babinou choisie pour l’article « Les friandises : combien, lesquelles, et à quel prix ».
L’essentiel
- En éducation, c’est la fréquence qui enseigne, pas la taille : une friandise de la taille d’un petit pois, donnée souvent, vaut mieux qu’un gros morceau donné rarement.
- Établir la hiérarchie personnelle de son chien — ordinaire, bonne, exceptionnelle — et réserver le haut de la liste aux situations difficiles.
- Les croquettes du repas font une monnaie d’éducation gratuite, qui n’ajoute rien à la journée.
- Chocolat, xylitol, raisin sec, oignon, noix de macadamia, alcool et os cuits ne se donnent jamais, à aucune dose.
- Chez un chien sous régime médical, une friandise donnée par gentillesse annule le travail de plusieurs semaines.
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On choisit une friandise sur le paquet, et le chien la classe autrement. Ce classement-là est la seule chose qui compte : c’est lui qui décide si le chien revient au rappel dans un parc, ou s’il continue de renifler. Une friandise n’a pas de valeur en soi, elle a la valeur que ce chien lui donne, dans cette situation-là.
Établir la hiérarchie de son chien

L’exercice prend dix minutes et sert pendant des années. Proposez côte à côte, à plusieurs reprises, deux options à la fois, et regardez laquelle il prend en premier. Vous obtiendrez trois niveaux.
| Niveau | À quoi cela sert |
|---|---|
| Ordinaire | Ce qu’il mange volontiers à la maison : la croquette, un morceau sec. Pour les exercices déjà connus, au calme |
| Bonne | Ce qu’il choisit quand on lui laisse le choix. Pour apprendre quelque chose de nouveau, ou travailler dehors |
| Exceptionnelle | Ce pour quoi il lâche tout : fromage, viande, poisson. Réservée au rappel en présence de distractions, et aux situations qui font peur |
La faute la plus fréquente
Petit et souvent
Dans un apprentissage, c’est le nombre de répétitions payées qui enseigne, pas la quantité donnée. Une friandise de la taille d’un petit pois, distribuée quarante fois en dix minutes, apprend infiniment plus qu’un biscuit entier donné trois fois. Elle a aussi l’avantage de se mâcher en une seconde, ce qui permet d’enchaîner sans casser le rythme.
- Choisissez des friandises molles, faciles à couper en morceaux minuscules.
- Préparez la quantité de la séance à l’avance, dans une poche, plutôt que de puiser dans le paquet.
- Un morceau qui demande dix secondes de mastication interrompt l’exercice : gardez-le pour la fin.
- Deux textures différentes dans la même poche entretiennent l’intérêt.
La ration comme monnaie
La solution la plus simple au problème de quantité consiste à ne rien ajouter du tout : on prélève une partie des croquettes du repas et on s’en sert pour les séances de la journée. Le chien reçoit exactement la même quantité, il travaille pour l’obtenir au lieu de la trouver dans un bol, et la question des calories supplémentaires disparaît. Chez un chien qui doit maigrir, c’est souvent la seule façon de continuer à travailler.
Choisir un paquet
- Cherchez la mention aliment complémentaire : une friandise n’est pas un repas et ne s’équilibre pas.
- La composition se lit comme celle d’un aliment : les premiers ingrédients par ordre de poids, et une liste courte plutôt que longue.
- La valeur énergétique par pièce est rarement indiquée. À défaut, le poids d’un morceau donne l’ordre de grandeur.
- Méfiez-vous des friandises « dentaires » comptées pour zéro : elles apportent autant que le reste.
- Les bandes séchées et les morceaux de viande déshydratée se coupent bien et se conservent longtemps.
Ce qui casse les dents
Du premier repère à la décision
Ce qui ne se donne jamais
La liste à connaître par cœur
Les restes de table posent un problème différent, moins spectaculaire et plus quotidien : le sel, le gras et le sucre s’accumulent, et un morceau de fromage donné chaque soir représente une part considérable de la journée d’un petit chien. Ce n’est pas interdit, cela se compte.
Le chien sous régime médical
C’est la situation où une friandise donnée par affection coûte le plus cher. Un régime d’éviction alimentaire, un aliment prescrit pour les reins, un amaigrissement encadré : dans les trois cas, un seul écart quotidien suffit à rendre le résultat illisible ou inefficace. La solution n’est pas de supprimer les récompenses, c’est de demander lesquelles sont compatibles — il en existe dans la quasi-totalité des cas.
« Il ne travaille plus sans friandise »
Ce n’est pas la friandise qui pose problème mais la façon dont elle est présentée. Un chien à qui l’on montre la main pleine avant de demander apprend à répondre à la main, pas au mot. La correction tient en trois étapes : sortir la récompense après que le chien a répondu, la ranger dans une poche plutôt que dans la main, puis payer une fois sur deux, puis une fois sur trois, de façon irrégulière. Un comportement payé irrégulièrement devient plus solide, pas plus fragile.
Ce que Babinou ne fait pas
Sources
5 références utilisées : recommandations de sociétés vétérinaires, consensus et études originales. Le texte distingue une association observée d’un lien de cause à effet démontré.
- FEDIAF — Nutritional Guidelines for Complete and Complementary Pet Food, édition 2025 (nouvel onglet)
- Cortinovis & Caloni, 2016 — Household food items toxic to dogs and cats (PubMed) (nouvel onglet)
- Weingart et al., 2021 — Chocolate ingestion in dogs: 156 events (PubMed) (nouvel onglet)
- Reich et al., 2020 — Clinical course after grape or raisin ingestion in 139 dogs (PubMed) (nouvel onglet)
- AVSAB — Humane Dog Training Position Statement (nouvel onglet)
Propriétaire de deux chiens, rédactrice du quotidien et de l’alimentation
Je vis avec un braque hyperactif et une petite croisée de refuge qui ne s’entendent que sur l’heure des repas. C’est en essayant de comprendre pourquoi l’une reprenait du poids et l’autre en perdait que j’ai commencé à noter les gamelles, puis les balades, puis à peu près tout.

