Du sang dans les selles de mon chien
Sang rouge vif ou selles noires ne veulent pas dire la même chose. Ce qui relève de l’urgence, ce qui attend un rendez-vous, et ce qu’il faut noter.
Par Nadia Belkacem · · 6 min de lecture

Photographie éditoriale multi-races Babinou choisie pour l’article « Du sang dans les selles de mon chien ».
L’essentiel
- Du sang rouge vif à la surface des selles et des selles noires et goudronneuses n’ont pas la même origine ni la même urgence.
- Un chien abattu, qui vomit, qui a le ventre douloureux ou des selles très liquides et sanglantes doit être vu sans attendre.
- Chez un chiot, une diarrhée sanglante est une urgence : la déshydratation va vite et certaines maladies infectieuses graves commencent ainsi.
- On ne donne aucun médicament et on ne met pas le chien à la diète sans avis, surtout s’il est jeune.
- Une photo des selles et la date du début valent mieux qu’une description : elles servent réellement en consultation.
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C’est un signe qui inquiète beaucoup, et à juste titre, mais qui recouvre des situations très différentes. La question utile n’est pas « est-ce grave » dans l’absolu : c’est de savoir si l’on appelle maintenant ou si l’on prend un rendez-vous.
Deux aspects, deux origines

| Ce qu’on voit | Ce que cela indique en général |
|---|---|
| Filets rouge vif à la surface, ou après la selle | Saignement bas, près de la sortie |
| Selles noires, luisantes, poisseuses, odeur forte | Sang digéré, venu de plus haut |
| Diarrhée liquide franchement rouge | Inflammation intestinale marquée |
| Mucus rosé, glaires, envies fréquentes | Irritation du gros intestin |
| Une trace unique, chien en pleine forme | Souvent bénin, à surveiller |
Les selles noires trompent
Ce qui impose un appel immédiat
À montrer sans attendre
À l’inverse, un chien parfaitement en forme, qui mange, joue, et présente une trace de sang rouge sur une selle bien formée, peut raisonnablement attendre un rendez-vous. Il faut tout de même en prendre un : une trace isolée qui se répète est un motif d’exploration.
Ce qui peut être en cause
La liste est longue et aucune de ces causes ne se distingue à l’œil. Elle sert à comprendre pourquoi l’examen est nécessaire, pas à choisir.
- Un changement d’alimentation trop rapide, ou une indiscrétion alimentaire.
- Des parasites digestifs, en particulier chez le jeune chien.
- Une infection, bactérienne ou virale.
- Une inflammation chronique de l’intestin.
- Un corps étranger avalé.
- Un trouble de la coagulation, ou une intoxication.
- Une lésion locale : fissure, polype, tumeur, glandes anales.
- Un effet indésirable d’un médicament en cours.
Ce qu’on ne fait pas
Ce qu’il faut préparer avant la consultation
- 1La date et l’heure du début, et la fréquence depuis.
- 2L’aspect : couleur, consistance, quantité, présence de mucus.
- 3Une photo, ce qui vaut mieux qu’une description, et un prélèvement dans un récipient propre si on vous le demande.
- 4Ce que le chien a mangé ces derniers jours, y compris ce qu’il a pu ramasser dehors.
- 5Ses traitements en cours et la date du dernier vermifuge.
- 6Tout changement récent : déménagement, garde, nouvel animal, voyage.
Ce que Babinou ne fait pas
Du premier repère à la décision
- Deux aspects, deux origines
- Ce qui impose un appel immédiat
- Ce qui peut être en cause
- Ce qu’il faut préparer avant la consultation
Après, ce qui se surveille
- Le retour à des selles normales, et en combien de jours.
- L’appétit et la boisson, qui disent beaucoup sur l’état général.
- Le poids, surtout si l’épisode dure plus de quelques jours.
- Les récidives : c’est leur fréquence qui oriente vers une cause chronique.
- Le suivi du traitement jusqu’au bout, même si tout paraît rentré dans l’ordre.
La récidive est l’information principale
Les mots employés ici
Leur définition, en deux lignes, sans interprétation.
Sources
3 références utilisées : recommandations de sociétés vétérinaires, consensus et études originales. Le texte distingue une association observée d’un lien de cause à effet démontré.
Propriétaire d’un chien suivi pour une maladie chronique, rédactrice santé et examens
Pendant quatre ans, j’ai accompagné une chienne atteinte d’insuffisance rénale chronique. J’ai appris à recopier un compte rendu ligne à ligne, à faire une bandelette urinaire à la maison et à préparer mes questions avant la consultation, parce que je repartais sinon avec la moitié des réponses.

