Mon chien tousse : ce qu’il faut décrire
Une toux se décrit par son bruit, son moment et ce qui la déclenche. Ce qui se filme, ce qui se compte, et ce qui n’attend pas.
Par Nadia Belkacem · · 6 min de lecture

Photographie éditoriale multi-races Babinou choisie pour l’article « Mon chien tousse : ce qu’il faut décrire ».
L’essentiel
- Le bruit de la toux, le moment où elle survient et ce qui la déclenche sont les trois informations qui orientent le plus.
- Une toux qui gêne la respiration, s’accompagne de gencives bleutées ou grises, ou survient chez un chien qui ne tient plus l’effort, est une urgence.
- Une toux quinteuse suivie d’un raclement, chez un chien récemment en collectivité, évoque un contexte contagieux : on prévient avant de venir en salle d’attente.
- La fréquence respiratoire au repos, comptée pendant le sommeil, est le chiffre le plus utile qu’on puisse apporter — et le seul qu’on puisse mesurer soi-même.
- Aucun sirop humain ne se donne à un chien : plusieurs contiennent des substances toxiques pour lui.
Sommaire7 sections — ouvrir le sommaire
Une toux ne se décrit pas facilement, et c’est le problème. Le mot recouvre un raclement bref, une quinte qui finit par un haut-le-cœur, une toux grasse, un bruit d’oie. Ces sons n’orientent pas vers les mêmes choses, et personne ne les reproduit correctement en consultation — surtout que la toux s’arrête le plus souvent à l’entrée du cabinet.
Les trois questions qui orientent

| La question | Ce qu’on note |
|---|---|
| Quel bruit | Sèche, grasse, quinteuse, avec un raclement final, comme un cri d’oie |
| À quel moment | La nuit, au lever, à l’effort, en tirant sur la laisse, après avoir bu |
| Qu’est-ce qui la déclenche | L’excitation, le froid, le collier, la position couchée, rien de repérable |
Filmez la quinte
Ce qui n’attend pas
Appelez immédiatement
Compter la fréquence respiratoire, le chiffre qui sert
C’est la mesure la plus utile qu’un propriétaire puisse fournir, et elle ne demande qu’un téléphone. Elle se compte pendant le sommeil, jamais après une balade ni dans la salle d’attente : c’est au repos qu’elle a une valeur comparable d’un jour à l’autre.
- 1Attendez que le chien dorme, sur le côté ou en boule, au calme.
- 2Regardez la cage thoracique : un mouvement complet — elle monte puis descend — vaut un cycle.
- 3Comptez pendant trente secondes, multipliez par deux.
- 4Notez le chiffre avec la date, et recommencez les jours suivants au même moment.
Ce que Babinou ne fait pas
Ce que le collier peut expliquer
Une toux qui survient précisément quand le chien tire sur sa laisse, et pas autrement, mérite d’être signalée comme telle. La pression exercée sur la trachée par un collier est une cause fréquente et sous-déclarée d’irritation, particulièrement chez les petits chiens et chez ceux qui tirent beaucoup.
Ce n’est pas une conclusion à tirer soi-même — d’autres causes donnent exactement le même tableau — mais c’est une observation précieuse, et le passage à un harnais fait partie des choses dont on discute en consultation.
Du premier repère à la décision
- Les trois questions qui orientent
- Ce qui n’attend pas
- Compter la fréquence respiratoire, le chiffre qui sert
- Ce que le collier peut expliquer
Le contexte contagieux
Une toux quinteuse, souvent sèche, qui finit par un raclement ou un haut-le-cœur, chez un chien passé récemment en pension, en club, chez un toiletteur ou dans un parc fréquenté, s’inscrit dans un contexte particulier. Ces toux se transmettent facilement entre chiens.
Prévenez avant de venir
Ce qu’on ne donne pas
- Aucun sirop humain. Plusieurs contiennent des substances toxiques pour le chien, et d’autres suppriment un réflexe qui protège les voies respiratoires.
- Aucun miel, citron ou remède maison avant l’examen : ils ne traitent rien et retardent la consultation.
- Aucun antibiotique restant d’une ancienne ordonnance : la plupart des toux ne relèvent pas d’un antibiotique, et un traitement mal utilisé complique le diagnostic.
Ce qu’on vous demandera
- 1Depuis quand, avec une date.
- 2Combien de quintes par jour, en ordre de grandeur.
- 3Le bruit, ou mieux, la vidéo.
- 4Le moment et le déclencheur.
- 5La fréquence respiratoire au repos, si vous avez pu la compter.
- 6Les sorties récentes : pension, club, toiletteur, parc, autre chien malade.
- 7L’état général : appétit, énergie, tolérance à l’effort, poids.
Les mots employés ici
Leur définition, en deux lignes, sans interprétation.
Sources
3 références utilisées : recommandations de sociétés vétérinaires, consensus et études originales. Le texte distingue une association observée d’un lien de cause à effet démontré.
- WSAVA — Global Vaccination Guidelines (nouvel onglet)
- Reinero et al., 2020 — ACVIM consensus statement guidelines for the diagnosis of canine chronic bronchitis (PubMed) (nouvel onglet)
- Keene et al., 2019 — ACVIM consensus guidelines for the diagnosis and treatment of myxomatous mitral valve disease in dogs (PubMed) (nouvel onglet)
Propriétaire d’un chien suivi pour une maladie chronique, rédactrice santé et examens
Pendant quatre ans, j’ai accompagné une chienne atteinte d’insuffisance rénale chronique. J’ai appris à recopier un compte rendu ligne à ligne, à faire une bandelette urinaire à la maison et à préparer mes questions avant la consultation, parce que je repartais sinon avec la moitié des réponses.

