Mon chien dort beaucoup : est-ce normal
Dormir, être abattu et être faible sont trois choses différentes qu’on décrit avec la même phrase. Comment les séparer, et le test du réveil.
Par Nadia Belkacem · · 6 min de lecture

Photographie éditoriale multi-races Babinou choisie pour l’article « Mon chien dort beaucoup : est-ce normal ».
L’essentiel
- Dormir beaucoup est normal chez le chien. Ce qui compte est l’écart avec ses propres habitudes, pas un nombre d’heures.
- Trois états très différents se disent « il dort beaucoup » : le sommeil, l’abattement et la faiblesse. Le réveil suffit à les séparer.
- Un chien qui dort plus mais qui se réveille normalement et reste lui-même une fois debout ne raconte pas la même chose qu’un chien difficile à intéresser.
- Dormir mal ressemble à dormir beaucoup : un chien qui change de position toute la nuit récupère peu et rattrape le jour.
- Un rêve s’interrompt en appelant le chien ; une crise convulsive ne s’interrompt pas. C’est la distinction que le vétérinaire cherchera.
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« Il dort tout le temps » est une phrase qui recouvre au moins trois situations sans rapport entre elles, et c’est ce qui la rend difficile à exploiter en consultation. Un chien adulte passe une grande partie de sa journée à se reposer, et cela n’est en rien un signe. Ce qui en est un tient à ce qui se passe quand il ne dort pas.
Trois états, une seule phrase

| Quand vous l’appelez | Une fois debout | De quoi il s’agit |
|---|---|---|
| Il lève la tête, se réveille franchement | Il redevient lui-même en quelques secondes | Du sommeil |
| Il ouvre un œil et se rendort | Il se lève sans entrain, s’intéresse peu | De l’abattement |
| Il réagit mais peine à se lever | Il vacille, cherche ses appuis, se recouche vite | De la faiblesse |
Seul le premier cas est du sommeil. Les deux autres décrivent un chien qui va mal, et ils se disent au téléphone avec des mots différents : « il dort plus » n’alarme personne, « il n’arrive pas à se lever » fait déplacer un rendez-vous.
Le test du réveil
Ce qui est habituel
- Un adulte se repose une grande partie de la journée, en alternant sommeil léger et sommeil profond plutôt qu’en une seule longue période.
- Un chiot dort davantage encore, et il a besoin qu’on lui impose ses siestes.
- Un chien âgé augmente souvent son temps de repos, à condition que la qualité de ses réveils reste la même.
- Un chien seul la journée dort par absence d’occupation, et se réveille très bien quand quelque chose se passe.
- Après un gros effort, une chaleur forte, un vaccin ou une anesthésie, une journée plus calme est attendue.
Dormir mal ressemble à dormir beaucoup
Un chien qui change de position dix fois par nuit, qui se relève, qui migre d’un couchage à l’autre ou qui halète dans le noir ne récupère pas. Il rattrape le jour, et le foyer conclut qu’il dort énormément. C’est l’inverse : il dort mal et longtemps. Compter les levers nocturnes une nuit par semaine distingue les deux, et oriente vers une gêne physique plutôt que vers une simple fatigue.
Le rêve et la crise
Un chien qui rêve pédale, gémit, tressaille, et parfois aboie faiblement. C’est banal et cela n’a aucune conséquence. Une crise convulsive ressemble à cela vue de loin, et s’en distingue sur des points précis qu’il vaut la peine de connaître.
- Le rêve s’interrompt. Appelez le chien de la voix : il se réveille et redevient normal en quelques secondes. Une crise ne s’interrompt pas quand on parle.
- La crise raidit. Le corps se contracte en bloc, les mâchoires claquent, la salivation est abondante, et il y a parfois émission d’urine ou de selles.
- L’après diffère. Un chien qui sort d’une crise reste plusieurs minutes désorienté, titube, cherche à boire ou se cogne. Un chien qui sort d’un rêve s’étire.
Ce qui se signale
Du premier repère à la décision
- Trois états, une seule phrase
- Ce qui est habituel
- Dormir mal ressemble à dormir beaucoup
- Le rêve et la crise
Ce qui accompagne et qui change tout
- Une soif ou des urines plus abondantes.
- Un appétit qui baisse, ou un poids qui bouge sans raison.
- Des gencives pâles, ou une respiration rapide au repos.
- Une intolérance à l’effort : il s’arrête, s’assoit, veut rentrer.
- Un chien qui ne monte plus sur le canapé, ne se secoue plus, ne s’étire plus.
- Une désorientation, ou un rythme inversé — endormi le jour, agité la nuit.
Aucun de ces éléments ne se lit isolément, et c’est leur association avec un sommeil augmenté qui compte. Un chien qui dort plus et boit plus depuis trois semaines décrit autre chose qu’un chien qui dort plus depuis que les journées ont raccourci.
Réveiller un chien sans le faire sursauter
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Ce que Babinou ne fait pas
Les maladies évoquées
Ce que c’est, ce qui se voit à la maison, et ce que le vétérinaire recherche. Sans diagnostic.
Sources
4 références utilisées : recommandations de sociétés vétérinaires, consensus et études originales. Le texte distingue une association observée d’un lien de cause à effet démontré.
- Kis et al., 2017 — Sleep macrostructure is modulated by positive and negative social experience in adult pet dogs (PubMed) (nouvel onglet)
- Podell et al., 2016 — ACVIM Small Animal Consensus Statement on Seizure Management in Dogs (PubMed) (nouvel onglet)
- Yarborough et al., 2022 — Evaluation of cognitive function in the Dog Aging Project (PubMed) (nouvel onglet)
- AAHA — 2019 Canine Life Stage Guidelines (nouvel onglet)
Propriétaire d’un chien suivi pour une maladie chronique, rédactrice santé et examens
Pendant quatre ans, j’ai accompagné une chienne atteinte d’insuffisance rénale chronique. J’ai appris à recopier un compte rendu ligne à ligne, à faire une bandelette urinaire à la maison et à préparer mes questions avant la consultation, parce que je repartais sinon avec la moitié des réponses.

