Suis-je prêt à adopter un chien
Sept questions à se poser avant, et une méthode simple pour y répondre honnêtement : décrire une semaine ordinaire dans dix-huit mois.
Par Julien Bassot · · 5 min de lecture

Photographie éditoriale multi-races Babinou choisie pour l’article « Suis-je prêt à adopter un chien ».
L’essentiel
- La bonne question n’est pas « est-ce que j’en ai envie » mais « à quoi ressemblera une semaine ordinaire dans dix-huit mois ».
- Un chien vit dix à quinze ans. L’engagement dépasse largement la situation actuelle.
- Les motifs d’abandon les plus documentés tiennent au temps, au budget et au logement, rarement au caractère de l’animal.
- Le foyer doit être d’accord, pas seulement d’accord sur le principe : sur qui sort, qui nettoie, qui paie.
- Il vaut mieux différer une adoption que la remettre en cause dans six mois.
Sommaire5 sections — ouvrir le sommaire
La plupart des gens qui se posent la question ont déjà envie d’un chien. Elle ne sert donc pas à décider si l’on aime les chiens : elle sert à vérifier que la vie qu’on mènera dans dix-huit mois peut en accueillir un. C’est un exercice inconfortable et il vaut mieux le faire maintenant.
L’exercice de la semaine ordinaire

Plutôt que de répondre à des généralités, décrivez une semaine banale, dans un an et demi, heure par heure. Pas une semaine de vacances, pas une semaine idéale : une semaine avec du travail, de la fatigue et des imprévus.
- 1Qui sort le chien le matin, à quelle heure, et pendant combien de temps ?
- 2Combien d’heures reste-t-il seul, chaque jour de la semaine ?
- 3Qui s’en occupe le mercredi, le samedi, et le soir où vous rentrez tard ?
- 4Que se passe-t-il quand vous êtes malade, en déplacement, ou en garde d’enfant ?
- 5Où va-t-il pendant vos vacances, et à quel coût ?
- 6Qui paie les soins courants, et que faites-vous devant un devis imprévu ?
- 7Que devient tout cela si votre situation change : déménagement, séparation, naissance, nouvel emploi ?
La réponse « on s’organisera » n’en est pas une
Les sept points qui décident
| Question | Ce qu’il faut pouvoir dire |
|---|---|
| Le temps | Combien d’heures par jour, tous les jours, pendant dix ans |
| La solitude | Combien d’heures seul, et qui coupe la journée |
| Le budget courant | Nourriture, prévention, visite annuelle, toilettage |
| L’imprévu | Assurance ou épargne dédiée, décidée avant |
| Le logement | Bail, copropriété, espace, voisinage |
| Les vacances | Qui garde, où, à quel prix |
| Le foyer | Accord réel de toutes les personnes concernées |
L’accord du foyer se vérifie sur les tâches
Ce qui n’est pas un bon motif
- Offrir un chien à un enfant pour lui apprendre les responsabilités : la charge retombe sur les adultes.
- Combler une absence ou un deuil dans l’urgence : la décision se prend rarement bien à ce moment-là.
- Prendre un chien parce qu’on télétravaille, sans savoir si cela durera.
- Adopter pour sauver un animal en particulier, sans avoir répondu aux sept questions.
- Céder à une insistance familiale ou à une opportunité qui « ne se représentera pas ».
- Choisir une race pour son apparence sans regarder son besoin d’activité.
Ce que Babinou ne fait pas
Si ce n’est pas le moment
Différer n’est pas renoncer, et c’est une décision respectable. Plusieurs manières de vivre avec des chiens existent sans engagement de dix ans, et elles renseignent en plus sur ce que représente réellement le quotidien.
- Le bénévolat en refuge, notamment pour les promenades.
- La garde temporaire, encadrée par une association.
- La famille d’accueil, qui demande du temps mais pas d’engagement définitif.
- La promenade d’un chien de voisin ou de proche, régulièrement.
- L’accompagnement d’un proche qui a un chien, pour voir de près ce que cela suppose.
Le parcours proposé dans ce guide
- L’exercice de la semaine ordinaire
- Les sept points qui décident
- Ce qui n’est pas un bon motif
- Si ce n’est pas le moment
Si c’est le moment
- 1Choisissez selon le mode de vie, pas selon l’apparence : niveau d’activité, tolérance à la solitude, besoin de toilettage.
- 2Prévoyez le budget de départ et une provision pour l’imprévu.
- 3Repérez une clinique et demandez comment se passent les urgences.
- 4Organisez les premières semaines : c’est là que se joue l’apprentissage de la solitude.
- 5Renseignez-vous sur l’éducation avant l’arrivée, pas au premier problème.
- 6Prévenez le foyer que les premières semaines seront fatigantes, et que c’est normal.
Sources
3 références utilisées : recommandations de sociétés vétérinaires, consensus et études originales. Le texte distingue une association observée d’un lien de cause à effet démontré.
Propriétaire d’un chien adopté, rédacteur du comportement et de l’éducation
J’ai adopté un chien de six ans dont personne ne connaissait le passé. Les trois premiers mois ont été une succession d’essais ratés, et la seule chose qui m’a permis d’avancer a été de noter ce qui se passait avant, pendant et après chaque épisode difficile.

